J+7 après le marathon de Paris, mon premier marathon ! J’avoue être encore sur mon nuage et ne pas vraiment réaliser ce que je viens d’accomplir. 42,195km ! Ça me paraît tellement énorme et à la fois tellement peu vu les conditions dans lesquelles je l’ai vécu.

Moi qui de base n’aime pas courir, qui m’ennuie dès +40min de sortie ; moi qui n’ai jamais couru plus de 2h30 soit plus de 24,75km. Dans quoi me suis-je embarquée ?!

Pour ceux qui me suivent sur Instagram ou Facebook, vous aurez pu remarquer que depuis quelques mois, mon quotidien de maman a pris un léger virage running. Moi qui n’avais jusqu’alors jamais couru ailleurs que sur un terrain de basket pendant mes années lycée, je me suis lancé le défit de courir le marathon de Paris 2019.

Le déclic ? Je l’ai eu lorsque j’ai suivi mon chéri sur son premier marathon de Paris le 8 avril 2018. C’est alors que je me suis dit que c’était LE CHALLENGE qu’il me fallait pour me reconstruire. Je reviendrai prochainement avec quelques articles vous expliquant pourquoi je me suis lancé ce défit de courir un marathon, comment j’ai vécu ma prépa, etc…

La veille du marathon

Arrivés en train sur Paris le samedi midi, après avoir lâchés les enfants chez papi mamie, direction l’hôtel pour poser les valises avec mon beau frère et ma belle sœur ma binôme de course !

Chéri nous a alors déniché un délicieux petit resto dans le 14ème pour déjeuner avant de nous rendre sur le salon du running porte de Versailles pour récupérer nos dossards. J’avais espoir d’y passer rapidement, puis de filer flâner un peu dans les rues de Paris. Naïve je suis !! Nous y avons passé quasiment tout l’après-midi, à vaquer de stand en stand, craquer pour quelques fringues chez Asics, faire floquer nos t-shirt ou encore se faire tirer le portrait chez Schneider. Bref un après-midi rempli de souvenirs au cours duquel ma sœur (tout spécialement venue de Londres pour me soutenir <3) et ma cousine nous ont rejoint.

 

 

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Salon running stand Schneider

On est pas belles avec nos dossards :-)

On en profite pour élaborer notre plan d’attaque pour le jour J ! Comprenez nos points de rencontre pendant la course ! Tout est calé au kilomètre près. Je retrouverai mes supporters d’amour aux Km 11-21-28-35-40 côté droit. (pour l’avoir fait l’année précédente, être supporter sur un marathon te garantie une journée sacrément remplie où tu passes ton temps scotché sur l’application pour suivre les coureurs, à sortir le plan de la course pour voir où te placer, courir dans les rues et couloirs de métro… bref c’est épuisant et éprouvant également croyez moi !)

Astuce pour les supporters :

  1. prévoir un ticket de métro illimité journée (acheté la veille)
  2. baliser à l’avance les bornes Km de vos points de rencontre et le côté de la route
  3. se prévoir de l’eau et un truc à grignoter
  4. demander au coureur de partager sa position GPS sur Google map ou autre s’il court avec son téléphone sur lui (la puce du dossard de mon chéri était morte sur sa course, impossible de le suivre avec l’app, c’est donc Google map qui m’a sauvée et permis de le suivre)

Le soir retrouvailles avec la cousine de mon chéri direction un resto italien dans le 1er. Et oui, qui dit course dit pâtes !! Une belle soirée, autour d’un bon repas en toute modération pour être d’attaque le lendemain. De retour à notre hôtel vers 22h30 j’ai alors préparé ma tenue pour le lendemain.

 

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Pas de place à l’improvisation ! Je me suis prévu uniquement des vêtements – des chaussettes au t-shirt en passant par le short et sous vêtements – déjà portés sur mes sorties longues ou en courses. De même pour mes chaussures, pâtes de fruit et gel. TOUT a été TESTÉ et APPROUVÉ au préalable.

Le mot d’ordre de mon chéri : « ne JAMAIS faire une course avec quelque chose de nouveau ».

Et clairement, quand on se lance dans un marathon la moindre poussière dans les rouages peut se transformer en catastrophe. Voulant courir avec 2 tresses plaquées, j’ai même été jusqu’à tester ma coiffure sur ma sortie longue le week-end, c’est pour vous dire !! lol

Côté météo on nous annonce une journée fraîche. Je choisi donc de m’équiper d’un t-shirt MC thermique et d’une veste que je donnerai à chéri au 11Km. Le doute a plané pour le bas mais j’ai conservé short et chaussettes !

J’ai fait le choix de courir avec un camelbak. Je m’y suis habituée durant ma prépa et lors de mes semi-marathon. L’hydratation étant essentielle durant la course, c’était pour moi la solution idéale pour pouvoir boire régulièrement entre les ravitos. Le + : un sac avec de petites poches pour y placer mes rations de survie pour tenir durant la course !

23h30 extinction des feux ! Bien fatiguée je n’ai eu aucun mal à trouver mon sommeil. Le nuit fut courte mais ressourçante.

Le jour du marathon

6h45 le réveil sonne. Moi qui ne suis pas vraiment du matin ça pique, surtout un dimanche ! Je saute du lit et tente tant bien que mal à mettre mes lentilles de contact. Pas du tout habituée à en porter au quotidien, j’en ai mis lors de mes courses pour un maximum de confort. (champs de vision agrandi et un poids et gène en moins fort agréable sur les longues distances) Je galère bien 15min avant de réussir à les mettre, mais je fini par y arriver !

7h15 direction le petit déjeuner ! Le même que je prends chaque matin depuis 1 mois :

  • 2 oranges pressées que j’avais emmené au cas où
  • 1 bol de chocolat chaud
  • 2 tartines de pain avec beurre et confiture

On quitte l’hôtel à 8h15 bien au chaud avec sweat et pantalon de jogging par dessus nos tenues de course. #SoSexy Après 30min de métro nous voici arrivés à l’arc de triomphe ! On immortalise ce moment avec nos visages au sourire jusqu’au oreilles.

Nos hommes récupèrent nos fringues pour nous éviter le passage aux consignes et nous permettre de rester au chaud le plus longtemps possible. La foule avait déjà envahi les champs, impossible pour nous d’atteindre l’entrée de notre sas. On entre dans celui de 4h15 et on remonte doucement vers celui de 4h depuis l’intérieur.

Ma sœur et mes cousins arrivent quelques minutes avant que le départ ne soit donné. L’occasion pour eux de repérer nos tenues et pour moi de découvrir leurs pancartes et drapeau. Le top pour les repérer au loin. Encore MERCI !

Circuit Marathon Paris 2019

Circuit Marathon Paris 2019

Départ marathon paris 2019

9h50 et quelques le départ est donné ! On s’élance tranquillement, je ne réalise pas vraiment ce qui m’attend et dans quoi je me lance. Je ne projette rien, je mets un pied devant l’autre et c’est parti. Je me remémore mais nombreuses lectures et me rappelle les mises en garde de mon chéri et mon coach : « ne pas partir trop vite », « ne pas se laisser entraîner », « les secondes gagnées sont des minutes qui coûtent chères par la suite »… Alors je veille sur ma montre et fait tout pour rester dans les 6’30.

Marathon Paris pavés

Les pas sur les pavés résonnent, les sourires sont sur tous les visages. J’entends un coureur parler de Laval. Je regarde ma belle sœur lui demandant si elle pense qu’il parle de la ville du Québec ou de Mayenne. Je lance la conversation avec cet inconnu qui parle bien du semi-marathon de Laval (53). Celui-là même que nous avons fait durant notre prépa. On échange rapidement sur cette course, les presque 300m de dénivelé qu’on a mangé ce jour là, le vent de dingue qui nous ralentissait. Je positive en me disant que ce semi je l’ai super bien géré et qu’aujourd’hui les côtes qui m’attendent seront enfantines à côté de ce que j’ai fait jusque là. Mais le doute plane, faciles oui, mais se prendre des côtes après 25km (tunnel des Tuileries) et 35km (entrée bois de Boulogne) c’est l’inconnu complet pour moi, et qu’avec la fatigue ça ne sera peut être pas si simple… Mais j’ai le temps de voir venir et me concentre sur le moment présent.

Nous voici place de la Concorde, puis je lorgne sur une superbe vitrine Lindt avec plein de lapins au chocolat, on arrive Place Vendôme, on enchaîne en faisant le tour de l’opéra, puis sur la rue de Rivoli, place de la Bastille. La foule est déjà bien réveillée et ambiance les rues, on croise également les pompiers qui animent leur sirène et ont sorti la grande échelle. Mon allure est en dessous de mon objectif, au moins je ne risque pas de me cramer. Pause technique au 7Km (impossible d’accéder aux WC dans le sas avant le départ). J’en profite pour enlever ma veste tranquillement en prévision de la donner à chéri dans 4km et là boulette : j’éteins ma montre. « Putain, qu’est-ce que j’ai fait ! » Je ne sais pas comment j’ai fait mon compte, mais j’ai tout de même été fichue de terminer l’activité et de la sauvegarder (ouf !) Bon le mal est fait, je ne vais pas me refaire 7 bornes pour le fun non plus ! Je relance ma montre (bien agacée tout de même) et reprends ma route. J’appelle chéri pour lui raconter ma mésaventure. « C’est pas grave, continu ne t’arrête pas à ça c’est pas important ». Plus que 4km et je retrouve mes supporters.

On passe le premier ravitaillement. Sur ma prépa les ravitos ne m’ont jamais vraiment réussis, sensation de jambes coupées, du mal à repartir. C’est clairement un moment que j’appréhendais. J’essaye de ne pas me poser de questions, je chope une bouteille d’eau à la volée et je continue, je bois 2-3 gorgées en courant sur quelques mètres et je jette ma bouteille. J’en profite pour (re)prendre un morceau de pâte de fruit et de ma boisson isothonique.

Avenue Daumesnil je retrouve quelques repères puisque ma sœur y a vécu quelques années. L’occasion de me rappeler des moments et souvenirs agréables. On continue de papoter tranquillement avec ma belle sœur en grignotant doucement nos premiers kilomètres.

Déjà 10km de passés, plus que 1km et je les retrouve. Ils sont là, je vois le drapeau rouge et ses lions dorés et leurs visages. Je tape dans leurs mains et prend toute l’énergie qu’ils ont à me transmettre. Je donne ma veste à mon chéri qui vient courir à mes côtés. Je lui donne au passage pour mission de trouver comment fusionner 2 activités avec Garmin pour réparer ma connerie avec ma montre ! lol Puis on se donne RDV au 21km. Je poursuis confiante, cette distance je la connais. C’est presque devenu mon quotidien sur mes dernières sorties longues.

Je fais un point chrono avec ma belle sœur et constate que j’ai déjà 4min de retard sur mon objectif. On papote encore un peu, déjà quelques gènes s’installent de son côté. J’essaye de positiver, de trouver des projections pour qu’elle ne se fixe pas l’esprit dessus et puisse aller au delà. On approche du 15km. Je sens que c’est un peu plus compliqué pour elle mais je peine à trouver les mots pour la soutenir. Je ne veux pas non plus la mettre en danger dans sa course en la poussant de trop. On ne court pas un 10km ou semi aujourd’hui, hors de question de se brûler les ailes avant l’heure. Je n’ai aucune idée de ce qui nous attend et je ne peux/veux pas prendre le risque qu’elle se mette en danger en forçant. Ma belle sœur est une passionnée, elle aime la course à pied et a plus d’expérience que moi dans ce domaine. Je sais qu’elle sait être raisonnable et juste dans ses choix pour aller au bout des objectifs qu’elle se fixe. De mon côté je vois mon temps de course qui s’allonge avec cette allure et je redoute plus que tout de me prendre le mur bien trop tôt. Alors je fais le choix de poursuivre mon chemin. Choix difficile (terrifiant) de me lancer seule dans la suite de cette aventure. Je me mets alors dans ma bulle. J’enfile mes écouteurs, en laissant échapper quelques larmes sur le coup de pression et tout ce qui vient de me passer par la tête et je continue, la trouille au ventre mais c’est parti on lâche rien.

Bientôt le semi et les retrouvailles avec mes supporters. Je reprends progressivement une bonne allure en quittant les 6’50, 6’44 pour retrouver des 6’33, 6’30, 6’23, 6’35, 6’30… Je vois alors mon cardio qui monte doucement et panique de crainte d’être en train de me cramer en renouant avec cette allure. Et là je les vois de nouveau ! Je retire mes écouteurs pour les entendre. Les sourires et phrases de soutien sont là. Je demande à chéri de me suivre, j’ai besoin de ses conseils. Je lui livre mes inquiétudes sur mon cardio que je trouve un peu haut à 167-169. Il me rassure, il me sent bien, je parle sans être essoufflée. Il me rappelle que je suis en mode course et que je n’ai pas à m’inquiéter ça roule.

Premier marathon Paris 2019

En mode concentrée 🙈

Très rapidement j’arrive au 25km. Repère charnière pour moi car je n’ai jamais parcourus plus de kilomètres. J’appelle ma maman en Facetime. Envie et besoin de la rassurer, de lui montrer que je vais bien, que le mental et le corps sont au rendez-vous. J’échange quelques mots avec mes enfants, je leur montre la Seine et les bâteaux mouche. Je leur envoi des bisous, leur dit que je les aime et continue ma course. J’en prend plein les yeux et profite de chaque instant. Les jambes avancent sans trop de douleur, juste une légère pointe dans la fesse droite que je masse en courant. Je me remémore alors avoir lu que « les douleurs qu’on ressent sont générées par notre cerveau afin de nous forcer à lever le pied et à concentrer notre énergie et nos ressources sur nos organes vitaux. » Je me force alors à penser que cette douleur vient de mon esprit, que ça n’est rien et que ça va passer. Je pense au 28km entre hâte de retrouver mes supporters et trouille de cette distance inconnue et si proche des 30km et le fameux mur dont tout le monde parle. La douleur passe et je continue.

Blogueuse marathon Paris

En mode blogueuse ! 🙊

Au 26km je vois un homme allongé au sol. Les secouristes lui relève son t-shirt. Je songe sans vouloir y croire qu’ils vont probablement passer à des gestes de réanimation. Cette image me choque et me fait peur. J’observe autour de moi et prends conscience que les coureurs commencent à fatiguer. Certains marchent déjà, d’autres s’étirent le long des trottoirs et des murs, les allures ralentissent…

2 jours après mon marathon j’ai appris que cet homme au sol était un de mes collègues de club. Qu’il avait fait un arrêt cardiaque pendant sa course. Il a été plongé dans un coma artificiel puis s’est réveillé mardi matin. J’ai été profondément choquée, de savoir que cet homme au sol était en fait un de mes compagnons de prépa. ;-(

La course se poursuit sur les quais. Et qui dit quais, dit tunnel des Tuilleries. De nombreuses nénettes sur le groupe Facebook des PMG (Paris Marathon Girls) évoquaient ce fameux looooong tunnel et sa montée. Je redoutais son ambiance glauque, j’ai donc dégainer mon téléphone pour faire une story sur Instagram. Une manière inconsciente je pense de me détourner l’esprit sur ce qui m’attendait. Le passage c’est super bien fait et la montée est passée sans encombre en commençant à dépasser de plus en plus quelques coureurs.

28km je retrouve ma famille. Les sourires et encouragements sont au rendez-vous. Mon chéri me demande comment je vais : « ça va, les jambes tirent un peu, quelques douleurs au niveau des hanches mais je continue, ça va le faire ». Ma sœur vient courir avec moi. Elle prend la température sur mon état d’esprit. Je vais bien, le mental est au rendez-vous.

Je lui demande : « mais au fait je cours depuis combien de temps là ? » (bah oui avec le plantage de ma montre je suis un peu pommée ! )
Elle regarde sur l’application et me dit que ça fait 3h30.
« Wahou déjà ! Putain j’ai jamais couru autant et j’ai rien vu passer ! » J’essaye tant bien que mal de calculer combien de temps il peut me rester.
« Attend l’application fait une projection de ton temps d’arrivée, si tu veux je regarde. Tu devrais arriver dans les 4h45 »
« Mais c’est génial, suis sous la barre des 5h !!! Bon je continue, je lâche rien. Allez on se retrouve au 35km !! »

Je poursuis ma route, 7 petits kilomètres à parcourir avant de les retrouver. J’arrive au 30km et je vois enfin celle que j’attendais et redoutais tout autant : la Tour Eiffel ! Je la filme en story, fais une photo à l’arrache. « Et puis merde pour mon chrono, je vais me faire un selfie digne de ce nom avec la dame de fer ». Je m’apprête à envoyer la photo sur WhatsApp à ma famille et je reçois un sms de ma collègue qui me dit : « Bientôt le selfie Tour Eiffel ! » J’en crois pas mes yeux. Son message tombe à la perfection. Elle me suit, me soutient depuis Rennes. Je rigole toute seule et suis touchée par son soutien. Je lui envoie dans la seconde ma photo pour lui montrer que tout roule.

 

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31km on passe sous une arche qui représente un mur. Je me demande quand mon tour va arriver. Quand je ne vais plus être capable de mettre un pied devant l’autre. Quand je vais m’écrouler à bout de forces. Quand je devrais marcher pour réussir à aller jusqu’au bout… Plus que 4km avant de retrouver mes proches. J’appréhende les 35km et la côte qui m’attend. Que chaque pas réaliser me rapproche un peu plus de l’arrivée. J’essaye de trouver des idées positives et me dis que finalement 4km c’est rien comparé à toutes les distances parcourues lors de ma prépa. Mon allure reste bonne 6’28, 6’34, 6’23, 6’41, 6’30. Je sens que j’en ai encore sous le pied et m’accroche à ça. Je m’hydrate, je mange en alternant gel et pâte de fruit le pus régulièrement possible. Je lis les messages des pancartes portées par le public. Je check les mains des enfants qui croisent ma route en projetant les visages de Loulou et Louloutte. Je tape les pancartes avec le champignon de Super Mario pour reprendre un peu d’énergie. Je me sens complètement ridicule, mais toute est bon à prendre pour continuer !

Premier marathon

Quand je vous dis que j’ai kiffé !

Les 35-36km approchent avec la côte qui va avec. Ça pique un peu, je l’attaque tranquillement mais surement histoire de ne pas bouffer trop d’énergie. Le drapeau rouge revient enfin dans mon champs de vision. Ils sont là !! Je check avec chacun sans m’arrêter, mon chéri et ma sœur s’enquièrent de savoir comment je vais. Mon visage et mon sourire semble immédiatement les rassurer. Je leur parle, je reste cohérente et non essoufflée. Je lis sur leurs visages qu’ils sont rassurés de me voir si bien à cette étape.

Mon chéri avait été véritablement en souffrance l’année passée lors de ce passage. J’avais pris peur en le voyant ainsi et m’inquiétait pour sa fin de course. Mais là je sais qu’il me sent bien et qu’il est confiant.

Keep smiling marathon paris

Garder le sourire, on lâche rien !

Le rendez-vous est pris pour le 40km. 5 petits kilomètres à parcourir avant de les retrouver. J’avance et suis capable de relancer mon allure sans peiner. Je reste concentrée et conscience qu’en quelques mètres tout peut basculer. Les coureurs autour de moi souffrent de plus en plus. Beaucoup marchent à présent. Le public est un peu moins présent dans les bois de Boulogne. Armée de ma musique je continue de courir en chantant. Mes voisins de course doivent me prendre pour une folle, mais moi ça me donne des ailes pour continuer.

38km pause technique en plein milieu des bois. J’appréhende cet arrêt, qu’il puisse m’être fatal pour relancer la machine et que mes jambes ne puissent pas repartir tétanisées par la douleur. Ça tire un peu, mais ça repart ! Plus que 2km et je retrouve ma famille. Je passe la borne 40km et je crois voir une ligne droite représenter l’arrivée avec masse de foule de coureurs. Finalement il s’agit du début de la boucle que je viens de faire. Les coureurs viennent face à moi depuis le 39km. Tant pis ça n’est pas encore l’arrivée, mais je positive en me disant que ce que je vois ce sont des kilomètres que MOI j’ai déjà parcouru et qu’ils ne sont plus à faire ! Les messages Asics marqués au sol m’inspirent et me font du bien.

Je les vois, le drapeau rouge s’agite, ils sont toujours à fond et moi aussi !! On se donne rendez-vous à l’arrivée ! Je repars en slalomant entre les coureurs. J’allonge ma foulée et relance encore un peu plus mon allure. Plus tard en regardant les vidéos prises je découvre les dires de mon chéri qui semble ne pas y croire « elle est repartie comme une flèche ! » Ma montre décide de me lâcher au 41,2km.

Je me dit « Elle m’aura vraiment fait chier jusqu’au bout ! » « M**** j’aurais même pas mon allure de sprint finale ». (croyez moi j’avais vraiment l’impression de décrocher une allure de dingue, même si au final avec ma fatigue cumulée je ne suis surement pas descendue bien en dessous des 5’30 lol)

J’ai la sensation de voler, le public tape sur les panneaux des barrières et rythme chacune de mes foulées. Je l’ai fait, j’ai réussi !! Je passe la ligne les bras en l’air submergée de joie. Pas de story, l’envie de vivre ce moment à 200%. Un dernier petit selfie la ligne passée avec l’horloge du début de course. Dans mes rêves je me voyais fondre en larmes, dépassée par mes émotions, la douleur, la fatigue. L’envie de pleurer est là, d’évacuer mais NON… Je ne me l’explique pas encore et sens encore aujourd’hui que ce trop plein d’émotions va devoir sortir… Faire ce récit de ma course m’aide à prendre doucement conscience de ce que je viens de réaliser.

Arrivée marathon paris 2019

J’avance doucement. Mes jambes deviennent tout d’un coup très lourdes et raides. L’impression d’avancer tel un cowboy qui a passé une journée à cheval. J’avance et récupère mon t-shirt de FINISHER, je poursuis vers cette collection de rubans verts et cercles dorés. MA MÉDAILLE, certes pas la plus jolie que j’ai vu mais qu’est-ce qu’on s’en fiche. Cette médaille représente ma victoire, ma reconstruction et ma force. Elle représente l’exploit que je viens d’accomplir ici à Paris avec ce premier marathon bouclé en 4’43’53 sans oublier ces 3 mois de préparation qui pour moi ont été bieeeeen plus durs que cette course au final.

Je prends une bouteille d’eau, un quart d’orange et j’embarque une banane. J’aperçois ma sœur de l’autre côté des grilles. J’écoute le message de mes enfants qui me disent en boucle « Bravo maman, bravo maman, bravo maman, tu es la meilleure, tu es la plus forte » Une larme coule, ma gorge se serre. Je cherche la sortie la plus proche pour rejoindre ma famille. Je bifurque sur la sortie B et son gros ballon vert.

J’avais lu et entendu tellement de choses sur le fait de courir un marathon. Je m’étais préparée au pire, aux douleurs, à l’échec, aux pleurs… Je réalise petit à petit que je l’ai fait, j’ai pris du plaisir, je suis arrivée en un morceau, j’ai couru du début jusqu’à la fin… Et j’ai kiffé !! Je n’ai clairement pas le sentiment d’avoir parcouru 42,195km, ni même plus de 4h43.

Je me suis imaginée plein de choses autour de cette journée et finalement rien ne s’est passé comme je m’y attendais. La météo était vraiment idéale, mes supporters géniaux, le public présent et festif, mon corps et ma tête comme je ne les aurais jamais imaginés.

J’ai fini la journée avec ma famille, à échanger sur cette course de dingue, immortaliser chaque instant avec de nombreuses photos. J’ai retrouvé ma belle sœur qui est elle aussi FINISHER #TeamWarrior

Nous avons fait notre « photo fun » devant l’arc de triomphe en portant fièrement nos médailles. (bon ok on en a un peu chier pour sauter lol) Un clin d’œil à toutes les photos que nous avions pris plaisir à faire durant notre préparation marathon. Pour certains, mes photos, story, selfie pendant la course paraîtront surement bien futiles, de mon côté je pense que ça fait parti de ma réussite. Des moments de partages ou je grignote les kilomètres sans même m’en apercevoir.

 

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Depuis une semaine j’ai eu de nombreux messages de félicitations. Certains épatés par ce que j’ai fait. D’autres qui n’en reviennent pas qu’en moins d’un an de running (et surtout en n’aimant pas courir à la base) je me sois lancée dans un marathon. Il y a aussi ceux qui me disent que je n’ai pas travaillé mon mental vu que je n’ai pas frappé le mur, où que tu n’es pas marathonien si tu le fais en plus de 4h car finalement c’est à la porté de tous hein ! On me dit également que le fait que j’ai été en mesure d’accélérer les dernier km signifie que je n’ai pas tout donné.

Ce marathon était mon premier et j’y allais avec une grosse appréhension car ça n’est pas un effort anodin qui laisse place à l’improvisation. Comme toutes mes courses je me préserve dans l’espoir de réussir à aller au bout sans casse. C’est en effet ainsi que j’ai abordé ma course, avec pour seul premier objectif : être FINISHER ! Et c’est ce que j’ai fait. Peut être que j’aurais pu donner plus, peut être que j’aurai pu approcher les 4h30, …

Avec des si je pourrai refaire ma course en effet, mais je serai bien incapable de savoir si j’aurai pu aller au bout.

Aujourd’hui je vais simplement en retenir que j’ai kiffé ma course, que j’ai eu le sourire du début à la fin et un mental dans le positif jusqu’au bout. Je retiendrai à jamais le soutien de ma famille qui est toujours là pour moi. Je retiens que des copines ont trouvé la motivation de se mettre à courir et relever le défi d’un semi-marathon d’ici la fin de l’année et que d’autres ont déjà pris leur dossard pour Paris 2020. Alors je suis heureuse d’avoir pu être une source d’inspiration et de motivation pour ces personnes et j’aurai un immense plaisir à les suivre, les soutenir et les encourager dans leurs parcours.

Est-ce que je suis prête à refaire un marathon ?

Ayant eu la chance de super bien vivre cette première expérience, je réponds OUI !!!

L’envie est là, me sentant prête à relever de nouveau ce défi, mais cette fois-ci pour défendre une autre cause que la mienne. Si je re-signe pour 2020 ça sera avec un dossard solidaire en arborant fièrement les couleurs et mon soutien à une association.

En attendant, malgré cette très belle première réussite je reste très lucide sur le fait que 2 courses ne se passent jamais pareil. J’angoisse déjà à l’idée que le marathon de Paris 2020 pourrait me faire vivre un véritable cauchemar.

Alors d’ici là je vais prendre le temps de bien récupérer et de voir jusqu’où mes baskets me mènent. Un entrainement et une course après l’autre. Je verrai bien ce que je suis capable d’accomplir en gardant dans un coin du viseur cet objectif et ce nouveau challenge.

Et vous, est-ce que le marathon est une épreuve que vous aimeriez relever un jour ?

Signature Pauline