
Six courgettes énormes sur le paillasson, un vendredi de juillet : cadeau du potager de la voisine, dans une maison où le vert finit au bord de l’assiette. Ce soir-là est née ma recette de quiche courgette et chèvre. Ses secrets, nos variantes, sa conservation : de quoi la réussir du premier coup. D’abord, pourquoi elle marche.
Le premier essai, ce vendredi-là, a tourné au demi-échec. J’avais posé les rondelles de courgette crues sur la pâte, versé la crème aux œufs par-dessus, et au bout de quarante minutes, le fond baignait dans l’eau. Mon mari a mangé poliment, mon grand a gratté le fromage du dessus. Ma puce, elle, a soulevé une rondelle du bout de sa fourchette : « C’est quoi, les petites roues vertes ? » Bon. La quiche était molle, et moi, vexée.
Depuis, je fais revenir les courgettes à la poêle avant de garnir la quiche, jusqu’à ce qu’elles aient rendu leur eau et pris une jolie couleur dorée. Ça change tout : la pâte reste croustillante, et la courgette, plus fondante, perd ce côté aqueux qui rebutait les loulous. Le chèvre fait le reste, avec son goût franc qui relève un légume plutôt doux. Au deuxième essai, mon grand a tendu son assiette : « Une autre part, avec plein de roues ! » Fierté totale, et un petit pincement aussi : trois ans de bataille pour les haricots verts, et il aura suffi d’une quiche.
Pour couper la bûche de chèvre sans l’écraser, je passe la lame du couteau sous l’eau chaude entre chaque rondelle. Elles restent bien nettes et gratinent joliment sur le dessus de la quiche.
En trois étés, j’ai dû faire cette quiche une bonne vingtaine de fois, et elle n’a jamais été tout à fait la même. Quand ma puce a décrété que la bûche était « trop forte », j’ai remplacé la moitié par du chèvre frais émietté, plus doux et plus crémeux : elle n’y a vu que du feu. Mon mari, lui, réclame une poignée de lardons, et franchement, je ne lui donne pas tort les soirs de pluie. La menthe fraîche à la place du thym, c’est ma version préférée pour les pique-niques.
Ma seule vraie catastrophe : une version à la feta, beaucoup trop salée, que personne n’a terminée, pas même moi. Depuis, je goûte toujours le fromage avant de saler quoi que ce soit. Et les soirs où il n’y a plus de pâte au frais, je verse simplement le tout dans un plat à gratin beurré : la quiche devient un flan aux courgettes, que les loulous mangent à la petite cuillère. Chez nous, une recette qui ne survit pas à un frigo presque vide ne reste pas longtemps au programme.
Certains dimanches, pendant la sieste de ma puce, j’en prépare deux d’un coup : une pour le soir, l’autre coupée en parts pour la semaine. Chez nous, elle se garde deux jours au frigo dans une boîte bien fermée, et je la trouve presque meilleure le lendemain, froide, avec une salade verte. Mon mari en glisse une part dans sa gamelle du lundi, et mon grand la réclame pour la sortie au parc du mercredi : elle voyage très bien, calée dans une boîte rigide.
La congélation, je ne l’ai tentée qu’une fois, en parts emballées une à une, et je n’ai pas assez de recul pour te promettre le même croustillant : au réchauffage, la pâte est ressortie un peu plus molle, même passée au four plutôt qu’au micro-ondes. Bref, voilà comment on s’y prend chez nous, et depuis ce fameux vendredi, les courgettes de la voisine ne finissent plus au bord de l’assiette. Et chez toi, les courgettes passent mieux en quiche, en gratin ou pas du tout ? Je lis tous tes commentaires.
Recette quiche courgette et chèvre : celle qui fait manger du vert à mes loulous
Recette quiche courgette et chèvre : celle qui fait manger du vert à mes loulous
Touchez un ingrédient pour le cocher.
Choisis des courgettes petites et bien fermes. Elles ont moins de pépins et rendent moins d’eau à la cuisson.
Ça pourrait vous plaire