
Des joues rouges, un bavoir à tordre : à la première poussée dentaire de ma puce, j’ai tapé « soulager dent bébé » à 3 h du matin. Voici nos gestes, ce qu’on a écarté et quand appeler le médecin. À la clé, des nuits plus douces. Je commence par ce qui a marché chez nous.
Ce qu’il faut retenir
Chez nous, le premier réflexe est venu par hasard : pendant ses premières poussées dentaires, ma puce mâchouillait mon index dès que je la prenais dans les bras. Alors j’ai lavé mes mains et j’ai massé sa gencive, délicatement, par petits cercles, une minute environ. Elle se détendait presque à chaque fois, comme si la douleur lâchait prise. Ce massage tout bête ne coûte rien et permet parfois de soulager ton enfant sans rien lui donner. Mon seul impératif : des ongles coupés court, sinon c’est elle qui grimace.
Avec mon grand, j’avais d’abord rangé son anneau de dentition au congélateur, persuadée que plus c’était froid, mieux c’était. Raté : trop dur, trop glacé, il le repoussait en pleurant. Depuis, pour ma puce, le jouet passe une heure au frigo, pas plus, et je le rince à l’eau claire après chaque usage. Un froid doux sur la gencive, quelque chose à mordre : elle semble trouver là exactement ce qu’elle cherche pendant une poussée dentaire.
Pas de jouet sous la main ? Un gant de toilette propre et humide, passé une demi-heure au réfrigérateur, a souvent dépanné ma puce. Elle le mâchouille à pleines gencives, il file à la machine ensuite, et ça peut vraiment aider à soulager un enfant les soirs de poussée dentaire.
À l’âge où ma puce portait tout à sa bouche, j’ai eu la tentation du bâtonnet de carotte crue à mâchouiller. Mauvaise idée : les aliments durs, un morceau de légumes ou de fruits crus par exemple, ont vite fait de se casser, et un éclat peut passer de travers en une seconde chez un jeune enfant. Les jours de poussée dentaire, on mise plutôt sur des purées bien fraîches et des compotes froides, plus faciles à avaler quand la gencive est à vif.
J’ai aussi testé les biscuits de dentition avec mon grand, pendant ses poussées dentaires. Il en mettait partout, et le jour où j’ai pris le temps de lire les étiquettes, j’ai vu que beaucoup contiennent du sucre, ce sucre qui peut provoquer des caries sur des dents de lait toutes neuves. On a rapidement arrêté. Pour sa santé dentaire, on a plutôt commencé les premiers soins avec une petite brosse dès la sortie de sa première dent.
Les nuits de poussée dentaire, quand l’inconfort l’empêche de se rendormir, je prends ma puce contre moi. Elle frotte sa gencive contre mon épaule, je la berce, je chante la même comptine en boucle. Ce câlin compte autant que le reste : un enfant qui a mal cherche les bras, et je ne vois pas pourquoi je les lui refuserais. Toute la maison se met aux petits soins, mon mari compris. Une fois endormie, elle retourne dans son lit, sur le dos, sans jouet ni gant à côté d’elle, quitte à rester assise près du lit dix minutes de plus. La sécurité du couchage ne prend pas de vacances parce que bébé souffre.
Chez mon grand, les signes d’une poussée dentaire arrivaient des semaines avant que ses dents ne percent : des poings enfoncés dans la bouche pour se gratter les gencives, des nuits agitées, un enfant grognon dès la fin de journée. Chez ma puce, presque rien, à part ses mains dans la bouche (« Elle mange ses doigts parce qu’elle a faim ? » demandait son frère), puis un matin, une petite quenotte blanche. J’étais à la fois fière et épuisée, va comprendre. Voilà ce que j’ai fini par repérer chez mes deux enfants :
Ces symptômes se mêlent souvent à d’autres événements de la vie d’un enfant : une nouvelle nounou, un rhume, un vaccin, etc. Les premières dents apparaissent en général vers 6 mois, mais il n’existe pas de calendrier unique, et l’âge varie beaucoup d’un enfant à l’autre. Les 20 dents de lait s’enchaînent ensuite pendant des mois, jusqu’à 2 ans et demi ou 3 ans environ, et aucune poussée dentaire ne ressemble à la précédente. J’ai arrêté de comparer mes deux loulous, et ça m’a enlevé une sacrée pression.
Je l’avoue, le paracétamol, on y a eu recours deux fois, deux nuits où la douleur réveillait ma puce toutes les heures et où rien n’arrivait à la soulager. Jamais sans avoir appelé le médecin ou le pharmacien avant : la dose dépend du poids de l’enfant plus que de son âge, et c’est à eux de te donner celle qui est adaptée. Je n’en ai jamais donné en prévention, « au cas où », pour des douleurs dues à une poussée dentaire pas encore déclarée.
Autre précaution que je me suis imposée : noter l’heure de chaque prise, pour respecter l’écart entre deux doses et ne jamais donner à un enfant deux médicaments qui renferment la même molécule. Attention aussi aux anti-inflammatoires : pour des dents, je n’y touche pas sans avis médical. Dans le doute, j’appelle, quitte à passer pour la maman qui s’inquiète pour rien.
On m’a conseillé un collier d’ambre pendant les premiers mois de mon grand, en me promettant qu’il allait tout calmer. Il est resté dans sa boîte. Un collier autour du cou d’un bébé, même sous surveillance, c’est un risque d’étranglement, et les perles peuvent se détacher puis s’avaler. Je préfère aussi éviter les longs cordons d’attache-tétine, les petits jouets et les bijoux qui traînent : les enfants mettent tout à la bouche, alors je ne laisse à leur portée que des objets assez gros pour qu’ils ne puissent pas les avaler.
Les gels, j’y ai pensé une nuit de crise. Ce type de produit endort la gencive, et un bébé en avale forcément une partie : de quoi me faire hésiter. Je n’ai jamais voulu en utiliser un sans en parler d’abord au pharmacien, et finalement, on s’en est passé. Pour les huiles essentielles, c’est non chez nous : beaucoup ne conviennent pas aux bébés, et je ne joue pas les apprenties chimistes avec la santé de mes loulous.
L’homéopathie, des copines ne jurent que par les petits granules, et sur internet chaque article semble avoir sa recette miracle. De mon côté, je n’ai rien vu de flagrant, et je ne peux pas te dire si c’est efficace. Je comprends parfaitement l’envie de tout essayer quand une poussée dentaire fait pleurer ton enfant depuis deux heures. Avant d’ajouter quoi que ce soit, j’en parlerais d’abord au pédiatre ; chez nous, on s’en tient uniquement aux gestes simples.
La poussée dentaire a bon dos, et je l’ai appris à mes dépens. Un hiver, j’ai mis la fièvre de mon grand sur le compte de ses dents pendant deux jours ; c’était une otite. Depuis, je guette les signaux importants chez un enfant qui fait ses dents : mon réflexe est de prendre sa température et de consulter dès qu’elle grimpe, ou en cas de diarrhée, de vomissements, de refus de boire, ou d’une douleur qui ne passe pas malgré les bras. Les dents de lait n’expliquent pas tout, et une maladie peut se cacher derrière des symptômes qui ressemblent à ceux d’une poussée dentaire.
Chez un bébé de quelques mois, j’appelle encore plus vite, sans attendre que ça passe. Bref, je n’ai rien d’une experte, juste deux loulous et une belle collection de nuits courtes. Pour soulager bébé, chez nous, c’est l’association de petites choses : un massage, beaucoup de bras, de la patience, et le médecin au moindre doute. Et toi, qu’est-ce qui a marché pour ton enfant pendant ses poussées dentaires ? Raconte-moi en commentaire, ça permettra peut-être d’aider d’autres parents à passer le cap.
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