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Rééducation périnée : quand commencer après l’accouchement ?

Six semaines après la naissance de mon grand, je serrais les cuisses au moindre éternuement. Un soir, bébé endormi contre moi, j’ai tapé « rééducation périnée quand » sur mon téléphone. Je te raconte nos deux post-partum : le bon moment, les signes d’alerte, les séances. De quoi y voir clair, sans culpabiliser. On commence par le calendrier.

Ce qu’il faut retenir

  • L’examen postnatal, dans les huit semaines après l’accouchement, sert de point de départ : c’est là qu’on voit quand commencer la rééducation du périnée.
  • Même sans fuites, et même après une césarienne, un bilan a du sens : la grossesse sollicite déjà beaucoup le périnée.
  • Pesanteur, envies pressantes ou douleurs : autant de signes qui m’auraient fait appeler sans hésiter, et le jour même pour une cicatrice qui suinte avec de la fièvre.
  • Il n’est jamais trop tard : une rééducation périnéale reste possible des années après, y compris à la ménopause.
  • Les abdos classiques et la course ont attendu, chez moi, la fin de la rééducation périnéale et le feu vert de la kiné.

Quand commencer ta rééducation du périnée après l’accouchement ?

La consultation postnatale pour déterminer le bon moment

Pour mon grand, j’ai attendu la visite postnatale comme on attend un verdict. Six semaines après l’accouchement, ma sage-femme a vérifié la cicatrice de ma déchirure, puis m’a demandé si j’avais des fuites. J’ai rougi, j’ai répondu « un peu », et je suis repartie avec une ordonnance pour dix séances de rééducation périnéale. C’est à cet examen, prévu dans les huit semaines qui suivent la naissance, que le médecin, le gynécologue ou la sage-femme fait le point sur ton corps et voit s’il est temps de commencer la rééducation du périnée. Moi qui croyais devoir me débrouiller seule, j’en suis ressortie soulagée.

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Le petit truc en plus

Avant le rendez-vous, j’ai noté dans mon téléphone toutes mes questions, même celles qui me gênaient : les fuites quand je portais le cosy, la lourdeur dans le périnée le soir, la reprise des rapports sexuels. Le jour J, avec le bébé qui pleurait dans la poussette, sans ma liste, j’aurais tout oublié.

Un délai adapté à la cicatrisation et aux symptômes

Avec ma puce, j’étais beaucoup plus pressée. Accouchement par voie basse, sans déchirure, mais des fuites urinaires dès le retour de la maternité, au moindre éclat de rire. J’ai voulu commencer tout de suite, et on m’a gentiment freinée : les tissus ont besoin de cicatriser, les muscles du périnée de se remettre, et le corps d’une femme de récupérer de la grossesse et de l’accouchement. Le plus souvent, la rééducation du périnée démarre après six à huit semaines, une fois la visite postnatale passée, parfois plus tard si la cicatrisation traîne ou selon les symptômes. J’ai trouvé l’attente longue, je l’avoue, mais mon périnée en avait sans doute besoin.

Pourquoi évaluer ton périnée même sans fuites urinaires ?

Après mon grand, une copine m’a avoué avoir sauté la rééducation, parce qu’elle « n’avait rien ». Je la comprenais : mes propres fuites étaient si discrètes que j’avais hésité à en parler. Pendant neuf mois de grossesse, le périnée porte pourtant le poids du bébé et des organes, puis il s’étire pour le laisser passer. Ce n’est pas un seul muscle mais un ensemble de muscles, le plancher pelvien, dont le rôle est de soutenir les organes pelviens : la vessie, l’utérus et le rectum. Il participe aussi à la continence, et peut perdre de sa tonicité sans que rien ne fuie.

Cette copine a fini par faire un bilan périnéal l’année suivante, pour en avoir le cœur net. Verdict, après un toucher vaginal : aucune fuite, mais des muscles un peu paresseux, et elle poussait vers le bas en croyant les contracter. Sans ce bilan, elle n’aurait jamais pu le savoir, et c’est ce qui l’a décidée à faire quelques séances de rééducation avant une nouvelle grossesse. Pour moi, c’est une question de santé sur le long terme : un périnée qui ne fuit pas n’est pas forcément un périnée en forme.

Après une césarienne, faut-il aussi envisager une rééducation ?

Ma sœur a accouché de sa fille par césarienne, et elle se croyait dispensée de rééducation du périnée. « Mon périnée n’a rien vu passer », répétait-elle en riant. Cependant, la grossesse, elle, est bien passée par là : les hormones et le poids du ventre sollicitent le périnée pendant des mois, quel que soit le mode d’accouchement. Au rendez-vous postnatal, son gynécologue lui a proposé un bilan, puis quelques séances, avec une rééducation abdominale pour la zone de la cicatrice. Je n’ai pas vécu de césarienne moi-même, mais son histoire m’a appris qu’une naissance par le haut ne dispense pas forcément du bilan, et pas mal de femmes l’ignorent.

Quels symptômes justifient de consulter sans attendre ?

Trois semaines après l’accouchement de ma puce, en portant le cosy dans l’escalier, j’ai senti mon périnée tirer, puis une drôle de sensation de boule, comme si quelque chose descendait dans le vagin. J’ai paniqué, j’ai passé la soirée à lire des forums, puis j’ai appelé la maternité pour prendre rendez-vous dès le lendemain. Résultat : une légère descente d’organes, un petit prolapsus à travailler plus tard en rééducation. Depuis, je ne laisse plus traîner certains troubles, et voici ceux qui m’auraient fait appeler sans hésiter :

  • des fuites urinaires à l’effort, quand tu tousses, éternues ou soulèves ton bébé ;
  • une envie pressante, difficile à retenir jusqu’aux toilettes ;
  • une incontinence fécale, ou des gaz qui t’échappent ;
  • une sensation de pesanteur ou de boule dans le vagin ;
  • des douleurs pendant les rapports sexuels ou au niveau de la cicatrice périnéale.

Une cicatrice qui rougit, suinte ou fait de plus en plus mal, surtout avec de la fièvre, n’attend pas la prochaine séance : dans ce cas, j’appellerais la maternité ou le médecin le jour même. Pour le reste, l’incontinence urinaire et les autres problèmes de périnée ne sont ni une fatalité ni une raison d’avoir honte. Beaucoup de femmes vivent la même chose après une grossesse et un accouchement, et en parler à un professionnel de santé m’a fait un bien fou.

Est-il trop tard plusieurs mois ou années après l’accouchement ?

Le jour où je lui ai parlé de mes séances, ma mère m’a avoué qu’après chaque grossesse, elle avait fait l’impasse. « À l’époque, on n’en parlait pas aux femmes », m’a-t-elle dit. Elle a fini par commencer sa rééducation bien des années plus tard, à la ménopause, pour une incontinence urinaire d’effort qui la gênait au tennis. Et oui, il n’est jamais trop tard : une rééducation périnéale reste possible des mois, voire des années après l’accouchement, et chaque femme peut s’y mettre à n’importe quelle période de sa vie. Le périnée, ce plancher pelvien qu’on oublie, est fait de muscles qui se travaillent à tout âge, et ma mère aurait aimé le savoir plus tôt.

Comment organiser tes premiers rendez-vous de rééducation ?

Sage-femme ou kinésithérapeute : à qui t’adresser ?

Pour mon grand, j’ai fait mes séances avec cette même sage-femme libérale, qui me suivait depuis le début de la grossesse : je la connaissais, j’avais confiance en ses conseils, et je n’avais rien à réexpliquer. Pour ma puce, j’ai choisi une kinésithérapeute à deux rues de la crèche, pour une simple raison d’horaires. Ces deux professionnels de santé peuvent assurer la rééducation du périnée, et certains s’intéressent particulièrement à la rééducation périnéale : je posais la question au téléphone, histoire de savoir si le périnée était leur spécialité. Le plus important, pour moi, c’était de tomber sur la bonne personne, parce qu’on parle de choses intimes et que la confiance compte autant que la méthode.

Prescription et prise en charge des séances en France

Côté papiers, j’ai eu de la chance : les deux fois, l’ordonnance est sortie le jour de l’examen postnatal. En pratique, une prescription de rééducation périnéale du médecin ou de la sage-femme permet d’obtenir la prise en charge des séances par l’Assurance Maladie, et ma mutuelle a complété le reste chez la kiné. Pour la sonde utilisée en rééducation du périnée, il m’a fallu une ordonnance à part, et je l’ai achetée en pharmacie : elle est personnelle, on ne la prête pas. J’ai rangé toutes ces feuilles dans une pochette avec le carnet de santé de ma puce, et ça m’a évité bien des allers-retours.

Comment le bilan détermine-t-il les méthodes et la durée ?

Ma rééducation périnéale n’a pas du tout été la même d’un enfant à l’autre, et c’est le bilan qui a tout décidé. Pour mon grand, des exercices de contraction guidés à la main, puis quelques séances avec une sonde reliée à un écran : ce biofeedback permet de voir une courbe monter quand tu serres. J’ai fini par comprendre la différence entre contracter mon périnée et pousser, puis l’importance du relâchement entre deux exercices. Pour ma puce, la kinésithérapeute a d’abord vérifié comment chaque zone remplissait sa fonction, puis ajouté de l’électrostimulation pour réveiller des muscles du périnée qui ne répondaient presque plus. « Maman, tu vas encore chez la dame qui fait pas de piqûres ? », me demandait mon grand le mardi soir.

Le nombre de séances dépend lui aussi de ce que révèle le bilan : tonicité du périnée, cicatrice, incontinence éventuelle, mais aussi ton quotidien. Une dizaine m’a suffi la première fois, il en a fallu davantage la seconde, avec un nouveau point à mi-parcours et des exercices à refaire chez moi entre deux séances. Je ne saurais pas te dire quelle méthode est la meilleure : chaque femme réagit à sa façon, et c’est le professionnel qui adapte l’accompagnement à ce qu’il observe, contraction après contraction.

Que peux-tu faire en attendant les séances ?

Exercices à domicile : éviter les contractions sans bilan préalable

Après l’accouchement de mon grand, pressée de bien faire, je me suis lancée seule dans des exercices et des conseils trouvés en ligne, dont le fameux stop-pipi. Mauvaise idée : à la première séance, on m’a expliqué que couper le jet d’urine n’est pas un entraînement pour le périnée, que ça peut perturber la vidange de la vessie, et que mes contractions maison partaient dans le mauvais sens. Pour ma puce, j’ai gardé les exercices et tout renforcement pour la rééducation du périnée, après le bilan. En attendant, ce qui m’a aidée tenait en petits gestes qui ménagent le plancher pelvien : souffler lorsque je soulevais le cosy, sans bloquer ma respiration, éviter le port de charges lourdes, ne pas pousser aux toilettes, et m’allonger sur le dos dès que je sentais une lourdeur.

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Le petit truc en plus

Un petit marchepied traîne dans nos toilettes depuis que mon grand a appris la propreté. Je me suis mise à l’utiliser moi aussi : les pieds surélevés, je pousse beaucoup moins, et je t’assure qu’après un accouchement, mon périnée m’a dit merci.

Sport et abdominaux : adapter la reprise avec un professionnel

Trois mois après l’accouchement de ma puce, j’avais une envie folle de rechausser mes baskets, et des abdominaux plein la tête pour me muscler et retrouver mon ventre d’avant la grossesse. La kiné a calmé mes ardeurs : les crunchs classiques poussent sur le périnée, et la course ou les sauts demandent un plancher pelvien capable d’encaisser les chocs. Elle m’a plutôt conseillé de renforcer la sangle abdominale profonde et les muscles du périnée ensemble, avec des exercices qui m’ont servi de guide pour la suite. J’ai repris la marche, puis la natation, que mon dos réclamait, et je n’ai recommencé à pratiquer la course qu’à la fin de ma rééducation périnéale, avec son feu vert. Aujourd’hui, je continue à m’entraîner deux fois par semaine, en gardant un œil sur mon périnée.

Avec deux enfants et deux rééducations, j’ai surtout appris à écouter mon corps et mon périnée, et à ne plus culpabiliser de prendre du temps pour moi en plein post-partum. Il y a encore des jours où je ris en serrant les cuisses, et d’autres où je suis fière, comme femme et comme maman, du chemin parcouru. Entre femmes, on en parle encore trop peu, alors voilà comment on a fait chez nous, ratés compris. Et toi, quand as-tu commencé ta rééducation, et comment ça s’est passé ? Raconte-moi en commentaire.

Camille
Écrit par
Camille ♥
Fondatrice de Maman Connect · Maman de deux loulous

Maman de deux loulous, je partage ici notre quotidien de famille : nos astuces, mes recettes testées par des enfants difficiles, et les ratés aussi. Sans filtre, et sans injonction.

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