
Fin septembre, le panier de la ferme a débarqué avec trois potimarrons, pile quand ma puce découvrait les légumes, et moi, sans idée pour les cuisiner. J’ai tapé « purée potimarron bébé ». Voici pourquoi elle l’a adorée, nos variantes et mes réserves au congélateur, pour toujours avoir un repas prêt. On commence par sa texture.
Le premier midi, j’ai servi à ma puce trois cuillères de potimarron, sans trop y croire : la semaine d’avant, elle avait recraché les haricots verts avec une grimace mémorable. Cette fois, elle a ouvert la bouche avant même que la cuillère arrive ! J’ai compris en goûtant à mon tour : sa chair dense et farineuse donne une purée veloutée sans être liquide, avec un goût naturellement sucré qui me rappelle la châtaigne. Et comme il cuit en vingt minutes à peine à la vapeur, il est vite devenu mon légume des semaines chargées.
Pour ses toutes premières purées, j’ai retiré la peau après cuisson, à la cuillère, parce que les petits bouts de peau restaient collés à son palais et la faisaient grimacer. La peau du potimarron se mange pourtant une fois cuite, et dès qu’elle a accepté des textures plus épaisses, je l’ai gardée en mixant plus longtemps. Côté assaisonnement, je m’en suis tenue à ce que j’avais lu dans le guide de diversification : pas de sel ajouté avant 1 an, et une cuillère à café d’huile de colza ou une noisette de beurre dans sa portion, au moment de servir. Quant au bon moment pour démarrer la diversification, on en avait parlé avec notre pédiatre : c’est une question à poser au tien ou à ta sage-femme.
Pour couper un potimarron sans qu’il roule, je le pose sur un torchon humide plié en quatre et je commence par une entaille près de la queue. Une fois le potimarron ouvert en deux, une cuillère à glace retire les graines et les filaments en quelques secondes.
Ma première erreur a été d’en servir cinq jours de suite, tellement j’étais fière de mon succès. Le sixième midi, ma puce a serré les lèvres et tourné la tête, et j’ai dû me rendre à l’évidence : même un bébé se lasse. Depuis, j’alterne. Le potimarron se marie très bien avec la carotte, qui garde la purée bien orange, avec la pomme de terre, qui l’épaissit quand bébé réclame plus consistant, ou avec un peu de panais, plus doux encore. Un nouveau légume à la fois, mêlé à un goût qu’elle connaissait déjà : c’est comme ça que les nouveautés passaient le mieux chez nous. Quand elle a commencé à mâchouiller, j’ai troqué le mixeur contre la fourchette, et les petits morceaux ont fini par passer, au bout de trois essais ratés.
Pour les grands, je ne cuisine pas deux fois : je prélève d’abord la part de ma puce, nature, puis j’ajoute au reste un peu de bouillon, de crème, de sel et de poivre, et la purée devient le velouté du dîner. La première fois, mon grand a regardé son bol avec méfiance avant de lancer : « C’est la soupe de la citrouille d’Halloween ? » Il en a repris deux fois. Le voir manger la même chose que sa sœur, à la même table, m’a rendue fière, avec un petit pincement au cœur aussi : ma puce entrait déjà dans nos repas de famille, et le temps des tétées et des biberons filait.
Le dimanche qui a suivi la livraison du panier, j’ai cuit les trois potimarrons d’un coup pendant la sieste : une heure de cuisine, quatre bacs à glaçons remplis, et mon mari chargé de vider les cubes dans des sachets. Pendant près d’un mois, il m’a suffi de sortir deux ou trois cubes la veille au soir pour avoir le repas du lendemain midi. Au frigo, je garde la purée 24 heures au plus, dans un petit pot fermé. Au congélateur, je la garde un mois environ, et je fais toujours décongeler les cubes au frigo, sans jamais recongeler ce qui a déjà été décongelé.
J’écris au feutre le légume et la date sur chaque sachet. Au bout de trois semaines, les cubes de potimarron, de carotte et de patate douce se ressemblent tous, et j’ai déjà servi de la patate douce à ma puce en croyant lui donner du potimarron.
Pour réchauffer, je passe le petit pot au bain-marie ou quelques secondes au micro-ondes, et c’est là que j’ai eu ma plus belle frayeur. Un midi, pressée, j’ai goûté la cuillère au dernier moment : les bords étaient tièdes, le centre brûlant. Depuis, je mélange bien et je vérifie toujours la température sur l’intérieur de mon poignet avant de servir. Voilà comment on s’organise chez nous pour avoir une purée prête même les jours où rien ne va. Et toi, c’est quel légume qui a conquis ton bébé ? Raconte-moi en commentaire.
Purée potimarron bébé : une purée veloutée pour ses premières cuillères
Purée potimarron bébé : une purée veloutée pour ses premières cuillères
Touchez un ingrédient pour le cocher.
Garde l’eau de la vapeur pour ajuster la texture, très lisse pour les premières cuillères, puis de plus en plus épaisse au fil des mois.