
Tu attends un bébé et tu n’arrives pas à poser les dates de ton arrêt ? Le calcul du congé maternité paraît opaque. Je te détaille ici les durées légales, le montant des indemnités journalières et les démarches à prévoir. De quoi organiser ta fin de grossesse sereinement. Commençons par les dates.
Calcule ton congé maternité
Renseigne ta date prévue d’accouchement et ta situation : le simulateur te donne la date de début de ton congé, celle de ta reprise, la durée totale et une estimation de tes indemnités journalières.
Tes trois derniers salaires bruts, pour estimer les indemnités (facultatif)
Estimation indicative, établie à partir de ta date prévue d’accouchement et des barèmes 2026. Elle ne remplace ni le décompte de ta caisse d’assurance maladie, ni l’avis de la personne qui suit ta grossesse. Si tu accouches avant la date prévue, les semaines de congé prénatal non prises basculent après la naissance.
Tout part de la DPA. Ta sage-femme ou ton médecin la fixe à l’échographie de datation, en comptant 40 semaines après le début de tes dernières règles. Cette date sert de pivot à tout le calcul du congé.
Le congé prénatal se compte avant elle, la période postnatale après. À ma deuxième grossesse, ma DPA a bougé de cinq jours entre deux rendez-vous. Mon employeur a refait les dates sans broncher, mais j’ai passé une soirée entière à recalculer mon planning.
La durée légale dépend du nombre d’enfants déjà à charge et du nombre d’enfants à naître. Pour une première ou une deuxième naissance, ton congé maternité dure 16 semaines : 6 semaines de congé prénatal et 10 semaines après l’accouchement.
Dès le troisième enfant, la durée du congé passe à 26 semaines, dont 8 semaines de congé prénatal avant la date prévue. Les durées légales augmentent encore quand tu attends des jumeaux ou des triplés.
Oui, dans une limite précise. Tu peux reporter jusqu’à 3 semaines de ton congé prénatal sur la période postnatale, à voir avec ta sage-femme ou ton médecin, le professionnel de santé qui doit donner son avis. Si un arrêt de travail tombe au cours de ces semaines reportées, le report est annulé.
À l’inverse, dès le troisième enfant, tu peux avancer le début du congé de 2 semaines : 10 semaines de congé prénatal et 16 semaines ensuite. Pour des jumeaux, cette anticipation monte à 4 semaines.
Note la date de début du congé maternité dans ton téléphone dès que ta DPA est confirmée, avec un rappel trois semaines avant. C’est le bon moment pour boucler la passation de ton poste sans travailler dans l’urgence.
Le tableau ci-dessous récapitule les durées de congé maternité applicables en 2026. Elles valent pour toute salariée du secteur privé, quelle que soit son ancienneté dans l’entreprise.
| Ta situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Attention à un détail qui change tout : on parle bien du nombre d’enfants à charge, pas seulement de tes accouchements. Un enfant adopté ou l’enfant de ton conjoint dont tu assumes la charge compte dans le calcul de la durée.
Pour des jumeaux, la durée totale atteint 34 semaines, avec 12 semaines de congé prénatal. Tu peux avancer le début de ton congé de 4 semaines supplémentaires, prises sur la période postnatale.
Pour des triplés ou plus, le congé de maternité grimpe à 46 semaines, dont 24 semaines de congé prénatal. Ces durées ne se cumulent pas avec un congé d’adoption si les deux situations se présentent la même année.
Deux situations allongent la durée. Un congé pathologique prénatal ajoute 2 semaines quand ton état de santé le justifie, sur prescription de ton médecin. Après la naissance, un congé pathologique postnatal ouvre 4 semaines de plus.
Si ton accouchement survient avant la date prévue, tu ne perds rien : les semaines de congé prénatal non prises s’ajoutent à la période postnatale. Ta convention collective peut aussi prévoir mieux que la loi, un point à lire attentivement avant de poser tes dates.
Trois conditions se cumulent. Tu dois être affiliée à la sécurité sociale depuis au moins six mois à la date de début du congé, avoir travaillé 150 heures au cours des trois mois précédant l’arrêt, ou avoir cotisé au cours des douze derniers mois sur la base de 1 015 fois le SMIC horaire.
Tu dois aussi cesser toute activité professionnelle pendant huit semaines au minimum, dont six après l’accouchement. Cette interruption conditionne le versement des indemnités journalières maternité ou paternité. Ces conditions d’ouverture des droits valent pour tous les salariés du privé.
La caisse additionne tes trois derniers salaires bruts, divise le total par 91,25, puis retire 21 % au titre des cotisations et de la CSG. Le montant obtenu correspond à ton indemnité nette par jour de congé.
Deux bornes encadrent le résultat en 2026 : 11,12 euros par jour au minimum, 104,02 euros au maximum. Autrement dit, au-delà d’environ 4 000 euros bruts mensuels, ton salaire n’est plus intégralement compensé pendant le congé maternité.
La caisse primaire verse les indemnités tous les quatorze jours, directement sur ton compte bancaire. Le premier virement arrive souvent deux à trois semaines après le début du congé, le temps que l’attestation de ton employeur soit traitée.
Tu suis chaque paiement depuis ton espace personnel sur le site de l’Assurance maladie. Les sommes versées y apparaissent avec leur date et leur montant, ce qui aide à repérer un retard rapidement.
Les indemnités journalières de maternité sont imposables et entrent dans ton revenu imposable de l’année. Elles sont préremplies sur ta déclaration, mais vérifie les données de ton dossier avant de valider.
Si ton employeur pratique la subrogation, il perçoit les indemnités à ta place et continue de te verser ton salaire pendant le congé. Ton bulletin de paie reste alors quasi identique, prélèvement à la source compris.
Une demandeuse d’emploi conserve ses droits. Si tu perçois l’allocation chômage, France Travail suspend le versement pendant ton congé maternité et la caisse prend le relais avec des indemnités journalières calculées sur tes anciens salaires.
Les jours d’allocation non consommés ne disparaissent pas : ils sont pris en compte à la reprise de ta recherche. Pense à signaler ta grossesse à l’administration pour continuer à bénéficier de tes droits sans trop-perçu à rembourser ensuite.
Les indépendantes et les autoentrepreneuses peuvent bénéficier de 112 jours de congé, soit 16 semaines, avec la même répartition que les salariées. Le dispositif combine une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières.
La condition : interrompre ton activité professionnelle pendant huit semaines au minimum. Le montant dépend de ton revenu annuel moyen, avec un plancher très bas si tu as déclaré moins de 4 208 euros au cours de l’année.
Le congé pathologique prénatal ajoute 2 semaines avant la naissance, sur prescription médicale, en cas de grossesse difficile. Ces semaines se prennent en une ou plusieurs fois, dès le début de la grossesse si ta santé le demande.
Après l’accouchement, un congé pathologique postnatal de 4 semaines peut être prescrit. Il est indemnisé comme un arrêt de travail classique, donc à un taux inférieur à celui du congé de maternité.
Une grossesse gémellaire ouvre 34 semaines de congé et souvent une surveillance renforcée, avec des rendez-vous plus rapprochés. Ton médecin peut aussi t’arrêter plus tôt si la fatigue s’installe.
Ma voisine a eu ses jumelles à 35 semaines : son accouchement a coupé son congé prénatal en cours, et les semaines restantes ont basculé après la naissance. Elle a récupéré ses nuits bien plus tard, mais pas un jour de congé n’a été perdu.
Demande à ton employeur d’envoyer l’attestation de salaire dès le premier jour de ton congé maternité. C’est la pièce qui déclenche le calcul des indemnités : transmise en retard, elle décale tous tes versements.
Réunis ta déclaration de grossesse, transmise avant la fin du troisième mois, ton numéro de sécurité sociale et un relevé d’identité bancaire à jour. Le courrier de la caisse est clair sur ce point : « Vous devez adresser votre déclaration dans les quatorze premières semaines. »
Ajoute l’attestation de salaire de ton employeur et, le cas échéant, la prescription du congé pathologique. Ces informations suffisent à obtenir le calcul de tes indemnités sans relance. Deux conseils pratiques : garde une copie de chaque envoi et note la date de dépôt.
Aucun délai légal ne t’impose une date précise, mais une lettre remise en main propre ou envoyée en recommandé protège tout le monde. La notice rappelle d’ailleurs que vous devez prévenir votre employeur par écrit. Indique la date de début du congé et la date de retour prévue.
Le formulaire de l’entreprise reprend souvent la mention « date de début de votre congé maternité » : renseigne-la à partir de ta DPA, pas de ton accouchement réel. Une salariée enceinte bénéficie par ailleurs d’une protection contre le licenciement pendant tout son congé.
Le simulateur officiel de l’Assurance maladie te donne tes dates en trois clics. Il te suffit de renseigner ta DPA, le nombre d’enfants à charge et le nombre d’enfants attendus : le service en ligne affiche la date de début du congé et celle de la reprise.
Un second simulateur estime le montant de tes indemnités. La page dédiée précise la dernière mise à jour des barèmes, utile pour vérifier que la simulation intègre les plafonds de l’année en cours. Ce service est gratuit et ne conserve pas tes données.
Ces outils permettent aussi de calculer les indemnités journalières auxquelles tu peux prétendre. Si tu accouches à l’étranger, la simulation reste valable, mais tu auras besoin de contacter ta caisse pour connaître les modalités de prise en charge. Ces outils ne remplacent pas l’avis de la personne qui suit ta grossesse.
Le congé parental d’éducation prolonge ton absence après le congé de maternité, jusqu’aux 3 ans de l’enfant, à temps plein ou à temps partiel. Il n’est pas rémunéré par l’employeur, mais la prestation partagée d’éducation de l’enfant apporte une aide financière.
Chaque parent peut interrompre son congé parental de façon anticipée en cas de décès de l’enfant ou de forte baisse de ressources. Les deux parents peuvent aussi se partager ce congé, ce qui permet de garder un pied dans le travail.
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant dure 25 jours calendaires, auxquels s’ajoutent les 3 jours de naissance dus par l’entreprise. Pour des jumeaux, la durée passe à 32 jours. Tout salarié du secteur privé peut en bénéficier, sans condition d’ancienneté.
Les quatre premiers jours sont obligatoires et suivent immédiatement la naissance. Le reste se fractionne en deux périodes, dans les six mois qui suivent l’arrivée du bébé, comme pour les autres salariés en congé.
Côté démarches, un congé maternité ou paternité suit la même logique : l’employeur transmet une attestation, la caisse calcule, puis verse. Que la demande porte sur un congé de maternité ou congé de paternité, le délai de traitement tourne autour de trois semaines.
Oui : avec un congé pathologique postnatal de 4 semaines sur prescription, un congé parental d’éducation, ou des congés payés accolés si ton employeur les accorde.
La sécurité sociale verse des indemnités journalières plafonnées à 104,02 euros par jour. Beaucoup de conventions collectives imposent à l’employeur de compléter jusqu’au salaire net habituel.
Si ton bébé reste hospitalisé plus de six semaines après la naissance, tu peux reprendre le travail et reporter le solde de ton congé maternité jusqu’à sa sortie.
Non. Chaque période de congé maternité valide des trimestres, et la maternité d’une salariée donne droit à une majoration de durée d’assurance pouvant atteindre huit trimestres par enfant.
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